
Vélo de route : faut-il rouler à jeun ? Avantages et risques
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Vélo de route : faut-il vraiment rouler à jeun ? On fait le point
Le café fume encore, le soleil pointe à peine ses rayons et votre monture vous attend dans le garage. Une question revient souvent dans le peloton : faut-il sauter le petit-déjeuner pour progresser ? Rouler à jeun est une pratique presque mystique chez les cyclistes, oscillant entre secret de pro et fausse bonne idée. Alors, simple effet de mode ou véritable levier de performance ? On décortique les bénéfices et les pièges de cette méthode.
Pourquoi tenter l’expérience ?
Le premier argument, c’est bien sûr la perte de gras. En partant l’estomac vide, les réserves de glycogène sont au plus bas. Votre corps, privé de son carburant rapide, doit piocher ailleurs : il se tourne vers les lipides. On améliore ainsi ce qu’on appelle la « flexibilité métabolique ». C’est l’art d’apprendre à votre organisme à brûler des graisses plus efficacement, un atout précieux pour l’endurance longue distance où l’économie de sucre est la clé.
Certains y voient aussi un gain de temps précieux le matin, ou une manière de tester leur mental. Il y a quelque chose de gratifiant à accomplir sa sortie avant même que le reste du monde ne soit réveillé.
Les risques à ne pas négliger
Attention toutefois, la frontière entre entraînement efficace et contre-performance est mince. Le risque majeur, c’est la fringale (le fameux « coup de pompe »). Sans sucre, si vous montez trop en intensité, le moteur coupe net.
De plus, rouler à jeun trop souvent ou trop intensément peut devenir contre-productif. Au lieu de brûler du gras, le corps peut finir par s’attaquer aux protéines musculaires pour trouver de l’énergie (catabolisme). Résultat : vous perdez du muscle, vous récupérez moins bien et votre système immunitaire s’affaiblit. Ce n’est pas une pratique anodine pour le métabolisme.
Nos conseils pour une sortie réussie
Si vous voulez tester, ne partez pas à l’aveugle. Voici la marche à suivre pour optimiser votre sortie :
- L’intensité avant tout : Restez en zone 2 (endurance fondamentale). C’est la zone où l’oxydation des graisses est maximale. Oubliez les sprints ou les cols à bloc.
- La durée : Limitez-vous à 1h ou 1h15 pour commencer. Au-delà, les risques de fatigue excessive augmentent.
- L’hydratation : Buvez de l’eau ou un café noir (sans sucre !). Le café peut même booster la mobilisation des graisses.
- La sécurité : Glissez toujours une barre énergétique ou un gel dans votre poche. Si la lumière s’éteint à 10 bornes de la maison, vous serez heureux de l’avoir.
En bref, rouler à jeun est un excellent outil de préparation s’il est utilisé avec parcimonie (une à deux fois par semaine max). L’idée n’est pas de souffrir, mais d’apprendre à son corps à être plus autonome. À vous les routes matinales


